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Éducation inclusive en Nouvelle-Aquitaine et au Pays Basque : une opportunité de partager des connaissances

Joxe Amiama Ibarguren

Depuis que les états membres de l’UNESCO ont adhéré aux principes d’une éducation inclusive (Déclaration de Salamanque, 1994 ), ils se sont donné pour mission de transformer leur système éducatif afin de « prendre en compte et satisfaire la diversité des besoins de tous – enfants, jeunes et adultes – par une participation accrue à l’apprentissage, à la vie culturelle et à la vie communautaire » (Principes directeurs pour l’inclusion dans l’éducation, 2009). Plus récemment, la déclaration d’Incheon adoptée en 2015 par l’UNESCO réaffirme l’engagement de la communauté internationale pour une éducation équitable, inclusive et de qualité, à travers un cadre d’action à l’horizon 2030.

Une collaboration Euskampus

Si la France et l’Espagne sont engagées depuis plus de deux décennies dans l’évolution de leur système éducatif, les choix opérés dans les deux états en faveur d’une éducation inclusive conduisent néanmoins aujourd’hui à des réalités différentes sur les deux territoires. Dans le cadre d’une collaboration Euskampus entre l’Université publique du Pays Basque (UPV/EHU) et l’Université de Bordeaux, nous nous sommes questionnés sur les points communs et les différences de chaque système éducatif autour de l’inclusion d’élèves de collège présentant des troubles importants des fonctions cognitives en Nouvelle Aquitaine et au ys basque espagnol. Professeurs membres du laboratoire Lab-E3D (UB) et du laboratoire Inkluni (UPV/EHU), nous cherchons à faciliter les rencontres entre professionnels autour de ces différentes réalités et nous pensons que l'université doit jouer un rôle de soutien pour les établissements qui souhaitent améliorer l’inclusion de leurs élèves.

Une approche qualitative-interprétative et collaborative

Le recueil des données

Les deux enseignantes spécialisées françaises accompagnées de l’équipe de recherche se sont rendues pendant une journée dans le collège espagnol au mois de novembre 2018. À cette occasion, un premier focus-group de deux heures réunissant les quatre professionnelles et les trois chercheurs a eu lieu. Il a été suivi d’une visite de l’établissement, puis d’un second focus-group de 30 minutes. Enfin, les chercheurs français ont interrogé les deux enseignantes spécialisées à la fin de la journée pour recenser leurs premières impressions.

De la même façon, les professionnelles espagnoles se sont rendues dans les deux collèges français le mois suivant. Elles y ont rencontré les principaux des deux établissements, les élèves des dispositifs ULIS en assistant à des séances de classe dans les deux salles d’ULIS et ont participé à un focus-group avec les deux enseignantes spécialisées et les trois chercheurs. Enfin, le chercheur espagnol les a interrogées à l’issue du séjour pour récolter leurs impressions et leurs remarques.

Les entretiens réunissant les quatre professionnelles et les trois chercheurs ont eu lieu en français et les entretiens entre professionnelles et chercheurs de même nationalité dans la langue d’origine. Ils ont tous été enregistrés, transcrits et traduits en français et en espagnol. Nous avons ensuite dégagé les éléments marquants retenus par les quatre professionnelles après avoir découvert un système inclusif différent et nous les avons interprétés en les confrontant aux textes officiels et à notre cadre théorique.

Ce partage d'informations au sein de ces espaces scolaires nous a servi de reflet et de contraste entre chacune des deux réalités. Certains aspects ayant émergé de ces échanges ont été inclus dans l'article (Amiama, Reydy & Urruty, 2020)[1] : https://www.spirale-edu-revue.fr/spip.php?article1414&lang=fr. En tant que chercheurs, il nous semble primordial de développer ce type de rencontres pour, à partir des réflexions des acteurs eux-mêmes, engendrer et mettre en œuvre des propositions de recherches-action participatives inclusives. De notre point de vue, une recherche inclusive et démocratique qui cherche à transformer la réalité doit non seulement prendre en compte les réflexions des professionnels (enseignants spécialisés, orientateurs, accompagnants) mais aussi inclure les voix de tous les acteurs, y compris celles des élèves. Dans ce sens, nous avons utilisé l’année passée les techniques de la « Ligne du temps » et du « Miroir » dans deux collèges transfrontaliers. Nous ferons des commentaires à ce sujet à une autre occasion.

 

*Article écrit en collaboration avec Carine REYDY eta Patrick URRUTY

[1] Amiama J., Reydy C. et Urruty P. (2020) L’ULIS : dispositif ou classe à part entière ? Réflexions transfrontalières entre enseignants spécialisés de France et d’Espagne. Spirale - Revue de Recherches en Éducation, 65(1) 13-26. https://www.spirale-edu-revue.fr/spip.php?article1414&lang=fr

2020/01/28 12:35:00 GMT+1
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